15 février 2014

Ecriture #3

Texte inspiré d'un jeu littéraire ici. Note : Le but ici n'est pas d'obtenir un texte réaliste ; je n'ai qu'à peine corrigé les erreurs syntaxiques...

 

Un vieux pommier tendait ses branches par-dessus la pelouse délaissée. Seul, un des fruits de l'amour était suspendu à l'extrémité de la branche la plus haute. La nuit tombait sur la chaumière. A travers l'une des fenêtres  encrassées, on pouvait distinguer une prise électrique pendant au mur, sortie de son emplacement.La passion que Martin éprouvait, cet amour d'une vitesse immensurable, deviendrait-il enfoui sous cette tonne de vide ? Les nuages ne cessaient d'envahir le ciel depuis quelques heures. Il les regardait, même si son champ de vision était largement obstrué par la poêle à frire qui traînait dans l'évier. Cette rose qu'on lui avait offert, symbolisait la fin de cette passion tant éprouvée. Une fleur tellement magnifique, qu'on aurait pu la modéliser via un logiciel spécialisé. Regardez ses souliers roses, avec leur petit noeud de satin... Avec eux, il a traversé les océans... Il éprouvait un amour sans raison pour les mers, et l'écume des vagues. Tous ses collègues marins étaient militants pour le Comité des Souliers à noeud. Même l'idiote du marché en faisait partie ; et elle aussi, ses chaussures étaient serties de noeuds élégants.

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28 janvier 2014

Ecriture #2

Texte inspiré du tableau "Water Lily Pond" de Monet

Dans ce jardin luxuriant, Thomas et Marie-Jeanne avançaient main dans la main en continuant leur conversation.

-        Comprenez-vous, mon bon ami ? Je ne conçois pas un seul instant qu’il soit possible de faire fonctionner cette machine, si tant est qu’on puisse la nommer comme telle…

-        Mais, mon amie, ne voyez-vous donc point les engrenages dissimulés sous cette coque de noyer ? Regardez de plus près, je vous en prie : l’astucieux inventeur de ce voilier en bois a conçu cet objet comme une maquette, faite non pas pour trôner sur l’étagère de votre salon, mais bien pour naviguer.

-        J’espère que vous n’allez pas tenter de la mettre à l’eau, et risquer ainsi de perdre la précieuse œuvre de feu mon grand-père ! Au passage, où m’emmenez-vous ? Nous ne suivons plus le chemin depuis un bon moment déjà.

-        Ne vous inquiétez point, Marie-Jeanne. Nous sommes presque arrivés ; et pourquoi diantre pensez-vous que feu votre grand-père conservait cet objet de bois ? Je suis persuadé qu’il a déjà navigué ! Mais, regardez : nous voilà devant cet endroit magnifique.

Water Lily Pond, Monet

Devant les deux amis s’étendait un étang dont la surface était couverte de nénuphars en fleurs. Un petit pont de bois gris surplombait la gigantesque flaque d’eau. Etonnée, Marie-Jeanne ne put s’empêcher de jeter un regard admiratif à celui qui serait bientôt son époux, que ce dernier fit mine d’ignorer. Les roseaux jaillissaient de toute part, les nénuphars dessinaient d’autres fleurs plus grandes encore, et l’eau verte dessinait les berges de l’étang.

-        C’est étrange, je ne connaissais point cet endroit. Et pourtant, j’ai vécu près d’ici et je jouais sans cesse dans cette forêt petite ! Comment avez-vous découvert ce secret ?

-        Marie-Jeanne, nous ne nous connaissons pas si bien que cela. Vous ne le saviez pas, mais j’ai moi aussi eu l’occasion de parcourir de fond en comble cet endroit. Venez, je vais vous montrer pourquoi je pense que ce bateau est capable de naviguer.

Thomas reprit sa fiancée par la main et tous deux se dirigèrent vers une des berges de l’étang. Il saisit le voilier de bois, remonta une petite clé que Marie-Jeanne n’avait pas remarquée, et déposa le bateau sur l’eau. Celui-ci, au plus grand étonnement de la demoiselle, fila droit devant lui, évitant comme par magie les nénuphars qui se dressaient sur son chemin. Thomas sourit, puis regarda Marie-Jeanne.

-        Ma bonne amie, regardez. Je vous ai emmené ici, mais ce n’était pas uniquement pour que vous puissiez constater à quel point feu votre grand-père était intelligent. Je voulais simplement vous montrer que même si nous ne nous connaissions pas encore très bien, j’aimerais que notre mariage fasse que nous soyons capables de regarder, ensemble, dans la même direction. Car cela est pour moi le signe de l’avenir, guidé par l’amour que nous portons chacun à l’autre.

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26 janvier 2014

Ecriture #1

Petit texte inspiré par une pyramide de mots et l'actualité en France et en Espagne... Qu'en pensez-vous ?

Il saisit le papier blanc froissé empli de lignes d'écriture, le reposa. Mais pourquoi avait-il choisi ce sujet, quand ce matin, son prof de lettres modernes avait demandé à sa classe d'effectuer une présentation pour le lendemain sur un thème d'actualité ?


Il avait choisi l'IVG.


Pour lui, cela allait de soi qu'une femme devait pouvoir faire ses propres choix concernant son corps. Mais ce que le prof n'avait pas précisé, sans quoi l'exercice aurait été trop aisé, c'est que l'exposé devrait supporter la thèse inverse, en s'appuyant sur un document imposé.
Jean chercha à se motiver. La tasse de thé qu'il avait avalée, il y a une heure, gisait inerte sur son bureau. Après sa dure journée estudiantine, il n'avait même pas eu le courage de se lever pour la déposer dans l'évier, qui débordait déjà de vaisselle depuis plusieurs jours, à l'approche de ses partiels.


Il reprit le journal que lui avait attribué le professeur. Pour se motiver, il commença par lire la BD en bas de la Une. Cela commençait bien : une blague salace prétendait que les femmes étaient incapables de prendre des décisions responsables.
Sérieusement, se demanda Jean ; qui pouvait bien écrire ce tissu d'âneries ?


Luttant pour ne pas refermer d'un coup sec le journal qui commençait à se déchirer autour des plis du papier, il chercha la critique que le prof lui avait indiquée.
Il la lut rapidement en diagonale. L'article était plein de contradictions et de préjugés sexistes.
Rien que sa lecture lui tordait les entrailles. Un mois plus tôt, il avait dû accompagner sa petite amie dans une clinique. Quand elle lui avait appris qu'elle était enceinte, il avait été un moment sous le choc : certes, à leur âge ils n'avaient pas les moyens d'élever un enfant, mais aussi étrange que cela puisse paraître, il avait toujours voulu avoir des petits bouts de chou à câliner, le soir en rentrant du travail. Si la journée de travail était plutôt une journée étudiante, qu'est-ce que cela pouvait bien changer ?


Mais son amie, Clara, n'avait pas eu le même avis. Elle venait d'un quartier difficile, où elle croisait souvent des filles-mères, et elle pouvait constater leurs difficultés au quotidien. Elle avait décidé d'avorter.


Jean n'avait pas compris tout de suite ; mais comme il tenait à Clara plus que tout, il l'avait laissée faire son choix et l'avait accompagnée, soutenue jusqu'à la fin de ce moment difficile.


Et là aujourd'hui, il était là : un stylo posé sur sa copie toujours vierge, à se demander ce qu'il allait bien pouvoir écrire à partir de ce document sexiste et anti-progressiste.

 

Mon corps, mon droit.

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