28 janvier 2014

Ecriture #2

Texte inspiré du tableau "Water Lily Pond" de Monet

Dans ce jardin luxuriant, Thomas et Marie-Jeanne avançaient main dans la main en continuant leur conversation.

-        Comprenez-vous, mon bon ami ? Je ne conçois pas un seul instant qu’il soit possible de faire fonctionner cette machine, si tant est qu’on puisse la nommer comme telle…

-        Mais, mon amie, ne voyez-vous donc point les engrenages dissimulés sous cette coque de noyer ? Regardez de plus près, je vous en prie : l’astucieux inventeur de ce voilier en bois a conçu cet objet comme une maquette, faite non pas pour trôner sur l’étagère de votre salon, mais bien pour naviguer.

-        J’espère que vous n’allez pas tenter de la mettre à l’eau, et risquer ainsi de perdre la précieuse œuvre de feu mon grand-père ! Au passage, où m’emmenez-vous ? Nous ne suivons plus le chemin depuis un bon moment déjà.

-        Ne vous inquiétez point, Marie-Jeanne. Nous sommes presque arrivés ; et pourquoi diantre pensez-vous que feu votre grand-père conservait cet objet de bois ? Je suis persuadé qu’il a déjà navigué ! Mais, regardez : nous voilà devant cet endroit magnifique.

Water Lily Pond, Monet

Devant les deux amis s’étendait un étang dont la surface était couverte de nénuphars en fleurs. Un petit pont de bois gris surplombait la gigantesque flaque d’eau. Etonnée, Marie-Jeanne ne put s’empêcher de jeter un regard admiratif à celui qui serait bientôt son époux, que ce dernier fit mine d’ignorer. Les roseaux jaillissaient de toute part, les nénuphars dessinaient d’autres fleurs plus grandes encore, et l’eau verte dessinait les berges de l’étang.

-        C’est étrange, je ne connaissais point cet endroit. Et pourtant, j’ai vécu près d’ici et je jouais sans cesse dans cette forêt petite ! Comment avez-vous découvert ce secret ?

-        Marie-Jeanne, nous ne nous connaissons pas si bien que cela. Vous ne le saviez pas, mais j’ai moi aussi eu l’occasion de parcourir de fond en comble cet endroit. Venez, je vais vous montrer pourquoi je pense que ce bateau est capable de naviguer.

Thomas reprit sa fiancée par la main et tous deux se dirigèrent vers une des berges de l’étang. Il saisit le voilier de bois, remonta une petite clé que Marie-Jeanne n’avait pas remarquée, et déposa le bateau sur l’eau. Celui-ci, au plus grand étonnement de la demoiselle, fila droit devant lui, évitant comme par magie les nénuphars qui se dressaient sur son chemin. Thomas sourit, puis regarda Marie-Jeanne.

-        Ma bonne amie, regardez. Je vous ai emmené ici, mais ce n’était pas uniquement pour que vous puissiez constater à quel point feu votre grand-père était intelligent. Je voulais simplement vous montrer que même si nous ne nous connaissions pas encore très bien, j’aimerais que notre mariage fasse que nous soyons capables de regarder, ensemble, dans la même direction. Car cela est pour moi le signe de l’avenir, guidé par l’amour que nous portons chacun à l’autre.

Posté par cookingpraline à 15:37 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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